Éditorial – Infolettre du mois de novembre, mois de la prévention de la violence faite aux femmes

À l’échelle mondiale, on estime qu’une femme sur trois sera victime de violences physiques ou sexuelles au cours de son existence. Une sur trois!!!

Si la violence dont les femmes font l’objet n’est pas un fait nouveau, celui de l’intérêt accordé à cette question en est un depuis les deux dernières décennies. La problématique de la violence faite aux femmes jusqu’alors limitée à la sphère privée s’est convertie en un enjeu de société, un sujet d’actualité, brûlant et international.

Si l’on revient quelques siècles en arrière, le “droit de correction” faisait partie des mœurs au Moyen-âge. Au XVème siècle, l’Église émet une ordonnance qui précise “quand et comment un homme pouvait effectivement battre sa femme”. Loin de s’atténuer, la brutalité maritale s’affirme au grand jour et se voit renforcer au fil des années. Puis, le Code civil (code Napoléon) renforcera l’autorité maritale et excusera, en cas d’adultère, le meurtre de l’épouse par l’époux.

Aujourd’hui, 1 femme sur 10 a subi des violences verbales, psychologiques, physiques ou sexuelles de la part de son conjoint ou ex-conjoint. Toutes les composantes de notre société sont concernées, sans distinction d’âge, de niveau de vie, de niveau d’études, de catégorie socioprofessionnelle, d’origine, de confession, de lieu de résidence …

Les causes profondes de ces violences sont connues. C’est un point sur lequel s’accordent les institutions, les ONG et les experts : dans les pays du Nord ou du Sud, dans des contextes de développement ou d’urgence, de la violence domestique au viol comme arme de guerre, la violence sexuelle et la violence liée au genre se nourrit des discriminations à l’égard des femmes et des inégalités.

Un des principaux défis liés à celles-ci est qu’elles sont souvent cachées voire invisibles car elles sont profondément ancrées dans les mœurs sociales, les relations structurelles d’inégalité hommes / femmes et donc intériorisées par les individus. Lutter contre les violences faites aux femmes nécessite de profonds changements sociaux et structurels. Nous ne devons pas nous réfugier derrière un relativisme culturel. Aucune société ne peut justifier un droit à la violence contre les femmes. Pas plus qu’un droit à l’esclavage ou au génocide.

La lutte contre la violence à l’égard des femmes demande en effet une réponse holistique, indivisible et multisectorielle. L’intervention de nombreux acteurs travaillant de concert est nécessaire pour en venir à bout. Les dirigeants, les professionnels de l’éducation, de la santé et les associations de femmes ont une responsabilité particulière dans ce domaine. A chaque niveau, les mesures prises doivent viser à rendre les femmes plus autonomes, à sensibiliser les hommes aux problèmes, à durcir les sanctions pour les agresseurs et à répondre aux besoins des victimes.

Pour plus d’information, consultez le site internet: http://www.unfpa.org/fr/violence-bas%C3%A9e-sur-le-genre

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