Éditorial – La solitude et l’isolement.

Les mots isolement et solitude, malgré des définitions très proches, sont, à tort, bien souvent confondus. Pourtant, la différence est bel et bien réelle. Alors que la solitude peut être choisie, l’isolement lui est subi.

Il peut sembler paradoxal d’employer le terme de solitude dans nos sociétés ultras connectées où le numérique fait loi. Cependant, la solitude n’est pas un fait marginal, elle touche bien plus de personnes qu’on ne le pense. Qu’elle soit voulue ou subie, elle est souvent synonyme d’un mal-être ancré. La définition même du mot renvoie à la notion de n’être engagé dans aucun rapport social. Se sentir seul(e) est à la base un fait et non une émotion et n’être avec personne revient à être seul(e). Ce fait est intrinsèquement lié à l’impression d’être isolé, exclu, banni, malheureux, et à celle de manquer de quelque chose. Puis, cela peut être plus profond, l’impression de solitude peut être ressentie même en étant entourée, au milieu d’un groupe, elle revêt alors un aspect psychologique. La sensation d’être ailleurs devient alors permanente et celle-ci s’accroit en raison de facteurs externes tels que l’âge, l’immigration ou encore la barrière de la langue. Le terme solitude est générique, car il englobe à la fois des faits et des sentiments, mais il renvoie toujours à une même réalité, celle de l’absence d’interactions sociales.

Si la solitude ressentie peut être une réalité et/ou un sentiment, l’isolement est lui différent. Être isolé signifie être dans un état de solitude absolue. L’isolement social touche majoritairement les personnes fragiles et vulnérables. De manière plus générale, il s’agit de celles qui sont privées des moyens d’échanges aujourd’hui fondamentaux (un travail, des hobbies, un moyen de transport, la langue…).

Ces deux notions, à la fois abstraites et concrètes, ne laissent ni traces ni plaies sur le corps humain et sont bien souvent incomprises de la part de l’entourage et même de la collectivité. Il est important de signaler que contrairement aux idées reçues, la solitude et l’isolement touchent l’ensemble de la société, quel que soit le niveau social, l’âge, les origines, etc.

En effet, de nombreux événements factuels ou abstraits peuvent être source de

  • solitude : une déprime passagère, un désaccord avec soi-même ou avec les autres, une maladie, une rupture, mais aussi un déménagement ou un changement de travail ;
  • isolement  une personnalité, un âge avancé, une absence de hobbies, etc.

Or, nous aurions tendance à faire un raccourci rapide en interprétant les deux situations et en les confondant.

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