Vidéo : La dispute parentale, une expérience préjudiciable pour l’enfant – Jean-Paul Matot, pédopsychiatre

L’enfant qui vit une violence répétée entre ses parents est atteint dans son développement.

La répétition de violences verbales, physiques, matérielles…fragilise l’enfant notamment dans sa capacité à établir des relations égalitaires qui tiennent compte de l’autre et de la diversité en présence.

L’enfant intègre un mode de résolution des conflits inscrit dans un rapport dominant-dominé. Dans un contexte de scénarios de violence répétés entre adultes, l’univers familial habituellement vécu par l’enfant comme un lieu de sécurité et de prévisibilité devient incertain et périlleux et installe l’enfant dans un vécu de peur, pour lui, pour son parent …

Quelles sont les atteintes psychologiques d’une exposition à la violence conjugale chez l’enfant?

Des lésions cérébrales peuvent être provoquées par un climat de violence et de maltraitance qui génère un stress chronique chez l’enfant. Depuis 1989, un nombre important de travaux scientifiques montrent que les bébés et les jeunes enfants soumis à un stress chronique ont un taux de cortisol sanguin nettement supérieur à celui des enfants élevés dans un environnement calme. Ces études précises, réalisées à partir des divers dispositifs d’imageries cérébrales en 3D, mettent aussi en évidence que sous l’effet de l’augmentation du cortisol, certaines zones cérébrales – principalement l’hippocampe et le système limbique – se développent moins bien. Si le taux de cortisol est constamment élevé, cette atteinte cérébrale, réversible pendant quelques mois, devient définitive. Ces zones cérébrales sont celles qui concernent la mémoire affective, la régulation des affects et les comportements d’attachement à autrui. Une atteinte de ces zones peut être à l’origine de la fixation de sentiments de peur et d’angoisses pathologiques.

Peut-on compter sur la plasticité du cerveau pour récupérer les fonctions cérébrales abîmées?

Non, pas dans ces cas-là parce que le cerveau fonctionne selon le principe que l’on perd ce que l’on n’utilise pas. Le câblage entre les différents neurones et les zones cérébrales se met en place principalement dans la première année de la vie. Il y a des périodes sensibles qui sont des fenêtres pour les apprentissages et lorsque ces périodes sensibles sont passées, on ne les récupère pas ou avec des retards.

Source : http://www.yapaka.be/actualite/les-consequences-de-la-violence-conjugale-sur-lenfant  

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