L’impact de la violence sur le développement de l’enfant

  • Les 10 façons dont la violence conjugale et familiale peut affecter un enfant

Identifier la manière dont la violence façonne la croissance et le développement d’un enfant est la première étape pour lui venir en aide et mettre un terme au cycle de la violence. C’est donc à partir de là qu’il est possible de mettre en place des services de soutien afin de mettre un terme aux fausses idées, rétablir les liens et une communication saine entre la mère et l’enfant.

  1. Les enfants n’ont pas un bon père ni un modèle masculin positif

Comme l’expliquent les psychologues Lundy Bancroft et Jay Silverman, la plupart des hommes violents sont centrés sur eux-mêmes, manipulateurs et sont des parents autoritaires ou qui s’occupent peu des enfants. Le comportement violent d’un homme encourage le manque de respect envers la mère et dénigre l’autorité parentale de la mère. Même entre les incidents violents, les hommes violents peuvent avoir une influence toxique sur la dynamique familiale quotidienne.

  1. La violence peut détériorer le lien entre la mère et l’enfant

Un agresseur mine les efforts parentaux de la mère, soit en la contredisant, en minant son estime de soi en tant que parent ou en faisant croire aux enfants que leur mère est indigne de respect. Il se peut que la mère change son style parental en réaction à celui de son partenaire. Les enfants peuvent être en colère du fait que leur mère reste avec l’agresseur, avoir peur qu’elle retourne avec lui ou s’inquiéter qu’elle commence à fréquenter un autre agresseur. Il se peut que les enfants n’aient pas confiance que leur mère les gardera en sécurité et qu’ils doutent qu’elle les aime.

  1. Les enfants peuvent développer une perception de soi négative

Nous avons tous une perception de nous-mêmes. Suis-je une personne intelligente, compatissante ou optimiste? Est-ce que je mérite d’être heureux ou heureuse? Ai-je quelque chose à offrir au monde? Ai-je moins de valeur du fait que je suis une femme? Ai-je droit à ma façon de faire même si cela désavantage d’autres personnes? Est-ce que je contrôle mes choix ou ai-je de la malchance? La perception de soi se développe durant l’enfance et les parents jouent un rôle important.

  1. Les enfants peuvent être isolés de sources de soutien utiles

Pour cacher les secrets familiaux, les enfants qui vivent dans un climat de violence conjugale envers leur mère n’invitent habituellement pas d’amis à la maison, essaient d’empêcher tout contact avec leurs parents (p. ex., en cachant une invitation à une rencontre parent-enseignant) et nient même que ça ne va pas lorsqu’un adulte inquiet leur pose la question. Les enfants savent instinctivement ou ont été avertis que les choses tourneront mal si les secrets familiaux sont révélés. Ils apprennent à se comporter «normalement». Ils sont donc coupés des personnes qui pourraient les écouter et les aider ou des personnes qui pourraient reconnaître le problème.

  1. Des rôles familiaux malsains peuvent se développer dans des foyers marqués par la violence conjugale

Dans les familles marquées par la violence, les rôles reflètent comment chaque personne s’adapte à la situation parfois dangereuse, déroutante et secrète dans laquelle les membres de la famille vivent.

  1. La violence détruit la perception d’un enfant à savoir que le monde est un endroit prévisible et sans danger

Ils peuvent également apprendre que toute personne doit résoudre ses problèmes elle-même, que les adultes ne tiennent pas leurs promesses, que les choses tournent mal même s’ils s’efforcent à bien se comporter et que bien des choses sont injustes dans la vie. Par contre, les enfants qui grandissent dans un climat d’encouragement, d’équité et sans danger peuvent devenir des personnes enthousiasmes qui savent profiter de nouvelles possibilités.

  1. La violence se produit en même temps que d’autres éléments stressants et négatifs

Plusieurs études démontrent que la violence conjugale est rarement le seul problème ou stress dans une famille. La dynamique familiale est possiblement touchée par un ou plusieurs des éléments suivants : abus de drogues ou d’alcool par un parent, comportement criminel et emprisonnement possible d’un parent, maladie mentale, pauvreté, instabilité résidentielle, chômage, violence envers l’enfant ou négligence. Les enfants pourraient croire que l’un de ces éléments est la cause de la violence envers leur mère.

  1. Le style d’adaptation et de survie d’un enfant peut devenir problématique

Un enfant possède une capacité naturelle de s’adapter et cela lui est utile lorsqu’il ou elle vit dans un climat de mauvais traitements, de conflits et de violence. Voici des stratégies basées sur les idées (p. ex., fantasmer d’avoir une meilleure famille), sur les actes (p. ex., faire une fugue) ou sur les émotions (p. ex., la colère et la culpabilité). Les actes et les choix d’un enfant sont des méthodes de survie temporaires utiles pour s’adapter à une situation malsaine. Toutefois, certaines stratégies, comme faire une fugue, entraînent de nouveaux problèmes.

  1. Les enfants pourraient rationaliser la violence

Il se peut que les hommes rationalisent la violence comme suit : «je suis l’homme, donc je suis en charge» ou «Dieu veut que je maîtrise les membres de ma famille». Un enfant qui croit à ces idées pourrait blâmer sa mère d’être victimisée, percevoir les femmes comme inférieures, excuser le comportement violent de l’agresseur ou même essayer de l’imiter. Cet enfant pourrait alors grandir en apprenant à justifier ou accepter la violence dans les relations intimes, au travail ou avec des amis.

  1. Les enfants pourraient croire que la victimisation est inévitable ou normale

La violence peut apprendre aux enfants à être tolérants face à la violence ou les décourager d’aller chercher de l’aide. De toute évidence, certaines femmes restent avec leur partenaire car elles ont peur d’être sérieusement blessées, suivies ou de se faire tuer. Certaines croient que «tous les hommes sont violents, alors le prochain ne sera pas mieux» ou que «tout ira mieux lorsqu’il aura trouvé un emploi». Les filles pourraient avoir peu d’attentes à l’égard des hommes ou croire que les femmes ne doivent pas s’attendre au bonheur.

Source : http://www.phac-aspc.gc.ca/sfv-avf/sources/fem/fem-2007-lele-pypo/pdf/fem-2007-lele-pypo-fra.pdf

Les commentaires sont fermés