Les idées reçues de la violence

Il est parfois difficile de comprendre les choix et les réactions des femmes et des enfants victimes et/ou exposés à la violence. Ce qui peut sembler irrationnel peut-être en réalité une technique de “survie”.

Mythe : Une femme qui aime ses enfants quitterait toute relation violente pour les protéger.

Réalité : Certaines femmes restent dans une relation violente pour protéger leurs enfants.

Surtout dans les cas de violence grave, la période durant et après la séparation peut être dangereuse.

  • Dans le cadre de l’Enquête sociale générale, parmi les femmes ayant signalé de la violence dans une relation précédente, 49 % auraient indiqué que la violence avait continué ou commencé après la fin de la relation.
  • La probabilité qu’une femme se fasse tuer augmente lorsque la relation prend fin.

Il se pourrait qu’une femme craigne de perdre la garde des enfants, surtout si l’agresseur a menacé de la signaler à l’agence de protection de l’enfance, peut financer un litige prolongé relatif à la garde des enfants ou pourrait les enlever et possiblement les emmener dans son pays d’origine. Même si une femme obtient la garde de ses enfants, elle va s’inquiéter à leur sujet chaque fois qu’ils se rendent chez leur père car elle n’est pas là pour les aider et les protéger. Certaines femmes quittent une relation violente, mais se réconcilient plus tard par mesure de sécurité ou parce qu’elles ont de la difficulté à subvenir aux besoins de leurs enfants ou à s’en occuper.

Mythe : Une fois que l’agresseur est parti, tous les problèmes familiaux des enfants devraient se résoudre.

Réalité : Une fois que l’agresseur est parti, il se pourrait que les enfants soient encore plus hors de contrôle, en colère, tristes et qu’ils aient des conflits avec d’autres personnes, y compris leurs frères et sœurs.

Mettre fin à la violence à la maison, de sorte qu’un enfant n’y soit plus exposé, est la meilleure intervention qui soit. Cependant, si l’enfant y a été exposé pendant une longue période, il se pourrait que des problèmes persistent. La dynamique familiale tendue et les problèmes de comportement sont liés à de nombreux facteurs dont voici quelques exemples :

  • l’absence d’un parent autoritaire

À première vue, le style parental autoritaire semble efficace pour «maîtriser» les enfants. Toutefois, lorsqu’un parent autoritaire part, il se pourrait que les enfants se conduisent mal car ils n’ont jamais développé de contrôles internes et ne peuvent pas régulariser leurs comportements et leurs impulsions.

  • les défis de la mère pour établir son autorité parentale

Un agresseur peut dénigrer le style parental d’une mère. Lorsque l’agresseur part, il se pourrait que les enfants résistent à l’autorité de leur mère.

  • les tensions de la période de crise et de transition au sein d’une famille

Le fait de quitter un agresseur est souvent associé à un moins bon style de vie, un déménagement, un changement d’école, une perturbation dans les relations d’amis et peut-être un ou plusieurs séjours dans une maison d’hébergement pour femmes violentées. Tous ces changements peuvent avoir un effet délétère sur le comportement des enfants et certains d’entre eux blâmeront leur mère.

Mythe : Les enfants détesteraient un père qui les maltraite ou qui maltraite leur mère.

Réalité : Les enfants peuvent aimer un homme qui les maltraite et qui maltraite leur mère.

Il se peut que les enfants d’un agresseur l’adorent même si ce dernier est perçu comme un mauvais parent par la plupart des adultes. Au fil des ans, certains enfants développent un lien encore plus fort avec l’agresseur et s’identifient davantage à lui qu’à leur mère, en croyant peut-être ses rationalisations au sujet de la violence qui blâment leur mère. Une fois que l’agresseur est parti, il se pourrait que les enfants s’ennuient de lui, comme dans le cas de toute séparation parentale. Pour les enfants qui sont trop jeunes pour comprendre le rapport de cause à effet, la séparation semble avoir été causée par leur mère, qui a quitté la relation, plutôt que par le père dont le comportement a rendu la relation insupportable et dangereuse.

Source : http://www.phac-aspc.gc.ca/sfv-avf/sources/fem/fem-2007-lele-pypo/pdf/fem-2007-lele-pypo-fra.pdf

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