Les effets des tactiques de contrôle coercitif envers la mère

Comment les tactiques de contrôle coercitif affectent-elles les femmes dans leur rôle de mère?

  1. Elle croit qu’elle ne remplit pas adéquatement son rôle de parent
  • Elle est décrite (par son agresseur) comme une mère incompétente ou la cause des faiblesses de ses enfants.
  • Elle craint que l’agence de protection de l’enfance lui enlève ses enfants.
  • Elle tente en vain de créer une structure familiale.
  • Les enfants peuvent connaitre des difficultés à l’école ou dans le voisinage, ce qui renforce sa conviction qu’elle n’est pas une bonne mère
  1. Elle perd le respect de certains de ses enfants ou de tous ses enfants
  • Les enfants peuvent grandir en dévaluant leur mère ou en ayant honte d’elle.
  • Les enfants ne respectent pas son autorité parentale et ne respectent pas ses consignes.
  • Elle peut être considérée (par les enfants) comme une cible légitime de mauvais traitements.
  1. Elle croit les excuses de l’agresseur pour justifier son comportement et les renforcer auprès des enfants
  • Elle explique aux enfants qu’elle est la seule fautive et, par conséquent, qu’elle doit changer ou améliorer son comportement.
  • Elle se sent responsable de la violence et coupable des effets sur les enfants.
  • Elle excuse la violence car elle croit que celle-ci est liée à l’abus d’alcool et au stress de l’agresseur.
  • Elle croit que la violence faite aux femmes est un aspect culturel ou religieux approprié et c’est ce qu’elle enseigne à ses enfants.
  • Elle croit que les hommes et les garçons devraient avoir plus de privilèges et de pouvoir dans la famille et c’est ce qu’elle enseigne à ses enfants.
  1. Elle modifie son style parental en réaction à celui de l’agresseur
  • Elle devient trop permissive en réaction au comportement autoritaire de l’agresseur.
  • Elle devient trop sévère afin de tenter d’empêcher les enfants d’agacer ou de provoquer l’agresseur.
  • Elle exige des enfants des choses qui ne sont pas raisonnables ou appropriées pour leur âge, dans le but d’apaiser l’agresseur.
  • Elle hésite à discipliner les enfants car elle croit qu’ils ont déjà assez souffert.
  • Elle doit s’occuper de tous les volets difficiles du rôle parental, tandis que l’agresseur se contente des choses agréables.
  1. Sa capacité d’assumer ses responsabilités est contrecarrée ou accablée
  • La dépression, l’anxiété, l’insomnie, etc. compromettent sa capacité de prendre soin de ses enfants et de pourvoir à leurs besoins quotidiens.
  • Si son conjoint l’empêche d’utiliser une méthode de contraception, elle se retrouve avec trop d’enfants qui ont une différence d’âge minime entre eux.
  • Il se pourrait qu’elle ne reçoive pas assez d’argent pour satisfaire aux besoins fondamentaux de ses enfants, comme la nourriture, etc.
  • Comme parent, elle devient réactive au lieu d’être proactive; elle réagit aux crises au lieu de prévenir les problèmes.
  1. Elle pourrait utiliser des stratégies de survie ayant des conséquences négatives
  • Laisser les enfants sans surveillance suffisante afin de pouvoir avoir un répit.
  • Éviter de rester à la maison (p. ex., en travaillant deux quarts de travail).
  • Consommer des drogues ou trop d’alcool.
  • Faire subir à ses enfants des mauvais traitements physiques ou verbaux.
  1. Rupture des liens affectifs entre la femme et ses enfants
  • Parce qu’elle n’a pas réussi à les protéger ou à expulser l’agresseur, il se pourrait que les enfants soient fâchés contre leur mère.
  • Elle n’a pas le droit de réconforter ses enfants.
  • L’enfant décide que c’est à lui de prendre soin de sa mère
  • S’ils croient que leur mère sera déportée ou qu’elle partira, les enfants pourraient devenir anxieux ou bien ils pourraient s’en distancer affectivement dans le but de se protéger contre cette perte imminente
  • Ils pourraient blâmer leur mère de l’absence de leur père à la maison ainsi que d’autres changements (p. ex., déménagement ou nouvelle école)
  1. Elle se laisse entraîner dans une compétition pour la loyauté des enfants
  • L’agresseur tente de façonner positivement l’idée que l’enfant a de lui-même, et négativement l’image qu’il a de sa mère.
  • Après la séparation, l’agresseur réussit à convaincre les enfants d’appuyer sa demande de garde en leur promettant monts et merveilles.
  • Lorsqu’il exerce ses droits de visite, l’agresseur est le parent agréable qui n’impose aucune règle ou discipline.
  • L’agresseur a plus d’argent et peut donc offrir plus de biens matériels; en outre, sa résidence est plus attrayante.

Source : http://www.phac-aspc.gc.ca/sfv-avf/sources/fem/fem-2007-lele-pypo/pdf/fem-2007-lele-pypo-fra.pdf

La violence conjugale, qui génère un climat d’insécurité et de peur, a-t-elle également des répercussions sur le lien mère-enfant?

“Oui, tout à fait, les scènes de violence ont aussi un impact sur les soins précoces et donc sur la relation de la mère à l’enfant. Anne-Marie Von ArxVernon, dans le cadre de sa fonction de directrice d’un centre d’accueil pour femmes et enfants à Genève, a constaté que les mères, même une fois qu’elles sont dans un cadre protégé de la violence de leur conjoint, sont toutes incapables de jouer avec leur bébé et qu’il leur faut des mois pour se remettre de la violence et commencer à avoir du plaisir à être avec leur enfant. Et on sait que pour qu’un enfant prenne conscience des différentes parties de son corps, il faut qu’elles soient investies dans un échange qui procure du plaisir à chacun. Si tel n’est pas le cas, l’enfant peut développer des troubles concernant les sensations et la constitution de son schéma corporel. (…)”.

Source : http://www.yapaka.be/actualite/les-consequences-de-la-violence-conjugale-sur-lenfant

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