Éditorial – Mois de la prévention des agressions à caractère sexuel

De toutes les formes de violences auxquelles les femmes sont exposées, les agressions sexuelles sont les plus manifestes et les plus courantes. Elles sont le reflet de l’état d’infériorisation des femmes en tant que groupe social dans une société patriarcale, où les hommes constituent le groupe social dominant. Ce schéma a pour conséquence, l’apparition de disparités et d’inégalités telles que le pouvoir de la part du groupe « dominant » d’assigner aux plus « faibles » des rôles sociaux spécifiques qui, généralement, les excluent et les restreignent aux sphères sociales dîtes secondaires et considérées de moindre valeur. C’est dans ce cadre-là, que les agressions sexuelles peuvent être considérées comme un mécanisme de répression sociale qui sert à maintenir, renforcer et reproduire une structure hiérarchique qui correspond au reliquat du patriarcat.

Il est important de signaler que cela fait seulement une trentaine d’années, que le Code Criminel canadien définit les violences sexuelles à l’égard des femmes comme des atteintes contre la personne alors qu’elles étaient considérées jusqu’alors comme des atteintes à la propriété de l’homme puis comme un acte contraire aux bonnes mœurs.

Au cours des deux dernières années, au Canada, 460 000 femmes âgées de 18 à 75 ans ont déclaré avoir été victimes d’au moins un acte à caractère sexuel (exhibition sexuelle, geste déplacé et jusqu’à la violence sexuelle hors et dans le ménage) et 75% d’entre elles connaissaient leur agresseur (partenaire, proche ou ami). Face à ces chiffres alarmants et malgré l’évolution de la société, les victimes sont encore et toujours considérées comme responsables de leur agression (attitudes ou tenues provocatrice, l’alcool, la séduction et la provocation).

Source: La violence faite aux femmes : à travers les agressions à caractère sexuel (publication réalisée par le Conseil du statut de la femme).

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