Lumière sur la santé mentale au Canada (Jeanne Françoise Mouè)

Texte inspiré par : Comprendre au lieu d’étiqueter, l’intervention auprès des survivantes d’agression à caractère sexuel psychiatrisées. (Action Ontarienne contre la Violence faite aux Femmes)

Octobre est le mois de la santé mentale au Canada. À cette occasion, La Maison vous présente la réflexion de divers intervenants et intervenantes sur le sujet. Lorsqu’on parle de maladie mentale on fait référence à une façon de comprendre la détresse émotionnelle ou mentale, de la définir et de concevoir les formes qu’elle prend, ses causes et son traitement.  Il existe de nombreuses perspectives sur la façon d’envisager la question.

Certains croient que la maladie mentale est un trouble ayant une cause unique. Or, c’est rarement le cas. Les facteurs combinés de pauvreté, d’isolement social et de violence en sont un exemple. En réalité, les manifestations des difficultés émotionnelles et mentales vécues par les êtres humains sont multiples et complexes et elles peuvent toucher un nombre important de personnes à un moment donné au cours de leur vie.

Dans le contexte de services en matière de violence faite aux femmes, Les femmes à qui nous offrons nos services font appel à nous pour diverses raisons.  Elles sont victimes ou témoins de la guerre, dans le cas de certaines réfugiées.  Elles sont survivantes d’agression sexuelle vécue à l’âge adulte ou à l’enfance; elles vivent ou ont vécu de la violence dans une relation intime. Elles vivent également d’autres difficultés émotionnelles ou des difficultés liées aux circonstances de leur vie (ex. : revenu, logement, chômage, usages des systèmes social et juridique) ces femmes sont aussi d’une grande diversité à tous les niveaux, (âge, niveau socio- économique, origine ethnoculturelle, orientation sexuelle, religion, capacité intellectuelle et physique, statut d’immigration, etc.)  Elles sont souvent victimes d’injustice en raison de leur différence.  Toutes ces formes de violence et d’oppression sont liées et peuvent se chevaucher… les femmes qui utilisent nos services peuvent être en train de réagir au stress provoqué par leur situation actuelle ou passé.  L’utilisation des services d’hébergement et le fait de devoir quitter sa demeure peuvent en soi représenter des sources de stress. Parfois ces réactions sont interreliées, par exemple dans le cas où une situation courante déclenche des souvenirs d’un traumatisme passé. 

L’image associée à la maladie mentale est souvent celle d’une personne pauvre ou d’intelligence médiocre, ce qui contribue entre autres aux attitudes négatives. Pourtant, les maladies mentales touchent des personnes de toutes les professions et de tous les niveaux d’éducation et d’intelligence. Elles touchent des personnes de différentes races et cultures, des hommes et des femmes, des enfants, des jeunes et des personnes âgées.

L’idée fausse selon laquelle une faiblesse personnelle cause la maladie mentale mène à des jugements de valeur envers des personnes qui vivent de réelles difficultés et qui font face à de vrais obstacles. Ce n’est pas une question de paresse et la personne ne choisit pas  d’avoir des difficultés émotionnelles; elle ne peut pas non plus simplement choisir d’aller mieux. Souvent, il n’y a pas de solution simple ou facile.

Heureusement, nous pouvons compter sur plusieurs ressources pour venir en aide à toute personne qui, à un moment dans sa vie, expérimente cette réalité.

J’espère que les textes contenus dans ce numéro sauront vous interpeller et sensibiliser à votre propre santé mentale et celle des personnes de votre entourage.

Bonne lecture.

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