En Belgique, le sexisme devient un fait criminel

Sofie Peeters, est une jeune étudiante à la Haute école Rits, l’école d’art du spectacle et des techniques audiovisuelles à Bruxelles.

En 2012, afin de finaliser ses études, elle choisit de s’attaquer à un “nouveau” phénomène social qui secoue la société belge depuis maintenant quelques années : le harcèlement de rue.

Démunie face à l’ampleur croissante de ce phénoméne, la Belgique refuse d’aborder ce sujet qui est resté tabou jusqu’alors. C’est dans ce cadre que Sofie Peeters choisit de réaliser son documentaire “Femme de la rue” traitant des agressions verbales à caractère sexiste dans la rue dans le quartier Anneesens–Lemonnier au centre de Bruxelles.

La réalisatrice montre du doigt l’ampleur du phénomène : dans les rues de Bruxelles, les insultes sexistes fusent sur le passage des femmes. Dans son documentaire, la jeune femme avait filmé en caméra cachée les remarques et les injures auxquelles elle était confrontée.

Ce film provoque l’indignation du maire de Bruxelles, qui décide dès lors de lutter plus vigoureusement contre ces insultes, qui seront désormais passibles d’une amende comprise entre 75 et 250 euros. «Toute forme d’insulte est désormais punissable, qu’elle soit sexiste, raciste, homophobe ou autre», a déclaré Freddy Thielemans, le bourgmestre socialiste de la capitale belge.

Un dispositif inédit en Belgique et qui vise à lutter contre le sentiment d’impunité pour les incivilités quotidiennes. Si aucune mesure n’avait été appliquée plus tôt, c’était surtout en raison de l’engorgement des tribunaux de la ville. «De ce fait, une partie des 2 500 policiers de la ville étaient peu motivés pour lutter contre ce type de faits», a expliqué l’un des porte-paroles du maire.

Aujourd’hui, les poursuites pourront être engagées sur la base d’un flagrant délit constaté par la police ou d’un dépôt de plainte.

Le documentaire connaitra un succès sans pareille et le 26 juillet 2012, il sera diffusé sur la chaîne flamande Canvas et projeté au Cinéma Galeries à Bruxelles. Presque dans la foulée le sujet sera rapidement repris dans la presse internationale.

Sofie Peeters a ainsi mis en lumière un “phénoméne social” présent et croissant dans plusieurs pays d’Europe et du Monde. Pour la 1ère fois, les insultes sexistes sont élevées légalement au rang du racisme et de l’homophobie, permettant aux femmes de déclarer toute agression verbale comme un Fait Criminel.

Femme de la rue

Source : AFP

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